• «Lettre ouverte à Ségolène Royal »

    « Madame, je ne vous ai entendue et vue qu'à la télévision. Mais vos propos, votre manière d'être ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j'étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre « Maintenant », je ne doute plus de le faire.

    Je suis un très vieux monsieur. Ministre du général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l'honneur d'être reçus par lui à Colombey, après qu'il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu'il avait décidé. Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n'a guère eu de chef d'Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu'allait être l'évolution du monde et percevant ce qu'étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n'ai jamais cru à la possibilité d'un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers.
    Cela dit - et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure -, j'ai le goût de vous dire que je constate d'assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres, telles qu'elles apparaissent au long de vos trois centaines de pages. D'abord le volontarisme politique, puis l'attachement à la nation, à son passé et à son avenir, comme fondement nécessaire aux solidarités entre les individus vivant sur son sol ; la prise en compte des aspirations populaires mais sans soumission systématique à l'opinion ; l'idée, que de Gaulle énonça dès mars 1968 dans un discours à Lyon, que les activités régionales sont les ressorts de la puissance économique de demain ; encore, le fait que la France, dans un monde menaçant, ne doit pas renoncer à une puissance militaire forte. Entre vous et lui, il est encore un trait commun : quand on lui exposait un problème de façon abstraite, il vous interrompait : «Alors ! Pratiquement, que proposez-vous ?» Or toujours vous proposez ou esquissez une solution concrète.

    Jean-Marcel Jeanneney, le dernier ministre survivant, avec Pierre Messmer, du général de Gaulle.

    C'est un extrait du nouvel obs.

    Des anciens ministres qui changent de cap, il y en a pas mal en ce moment:
    - Tapis pour Sarko
    - Begag pour Bayrou

    Mais celui-ci, il a vraiment de la gueule, non?

     


  • Commentaires

    1
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    Samedi 14 Avril 2007 à 19:29
    J'en parlais aussi..
    ..tu lirais pas l'obs, toi? :))
    2
    Samedi 14 Avril 2007 à 20:46
    Bien vu
    je l'ai donc spécifié dans un second temps. Bises!
    3
    Dimanche 15 Avril 2007 à 14:43
    Ca à du vraiment du chien !
    Comment êtes-vous tombée sur cette lettre ouverte ? Après lecture, je suis resté comme deux ronds de flan, genre "Gros Jean comme devant" ! Bises - Jean-Marc
    4
    Dimanche 15 Avril 2007 à 20:40
    yeah
    T'es trop forte ! :-)
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