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    Mais on ne rentre pas chez soi en laissant derrière la porte ce que l'on vit à l'école. Tous les profs vous le diront. C'est impossible. Et je ne parle pas du boulot que l'on ramène à la maison. Je parle de ces histoires personnelles auxquelles on se frotte chaque jour.

    Quand je suis devenue instit' ce qui m'a frappé, c'est de voir que je vivais jusque là dans un monde bien clos. Je fréquentais alors mon petit milieu étudiant, mes amis me ressemblaient. On n'était pas forcément tous du même milieu, on n'avait pas forcément tous les mêmes idées, mais ce que l'on vivait était globalement semblable.

    Je pensais qu'en devenant prof, j'allais m'enfermer dans un monde coupé du reste de la société : le pays de la camif, la maif et la mgen. Je pensais que les profs ne se fréquentait qu'entre eux, et que du coup ils se coupaient du reste de la société. Pas de contact avec le monde de l'entreprise, avec les réalités sociales et économiques. Bref j'avais des à-prioris.

    La réalité a évidemment été tout autre. Non pas parce que les profs ne fréquentent pas que des profs (sur ce point je n'étais pas loin du compte tout de même, par la force des choses, on est proches de ses collgues dans toutes les professions), mais parce que l'école est le lieu de la mixité sociale par excellence. Particulièrement l'école primaire. Et un instit' est souvent amené à connaître les parents de manière approfondie, on se voit tous les jours, le matin, le soir, on se voit lors de rendez-vous. Et j'ai découvert des milieux très différents du mien. Le plus marquant, c'est la misère.

    Il y a une misère nouvelle. Celle qui touche les familles qui n'ont droit à rien. Et pour cause elles ont des revenus trop importants. Pourquoi sont-elles miséreuses alors? Parce qu'elles sont surendettées. On se serre la ceinture, car la crise est passagère. De la fierté se lit dans les yeux.

    Alors les enfants ne mangent pas à la cantine. Ils n'ont pas de vêtements suffisament chauds pour l'hiver.


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  • Au menu de l'emploi du temps du vendredi : de la danse, du mime , de l'expression corporelle.

    J'ai donc proposé aux enfants de danser sur une comptine qu'ils connaissent bien : "une souris verte". Première phase, l'exploration, on cherche des gestes qui pourraient correspondre aux paroles de la comptine. Je demande donc aux enfants d'imiter une petite souris : ils se déplacent à quatre pattes. Pour les inciter à varier les propositions, je les invite à imiter une petite souris qui évolue dans de l'herbe haute :ils font semblant d'écarter de l'herbe, puis dans de l'herbe mouillée : ils se déplacent plus doucement.

    L'un des élèves (3 ans, je le rappelle) s'arrête subitement, se met à plat ventre, agite ses bras et ses jambes dans tous les sens et dit "Je suis dans la boue, je suis dans la boue"...


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  • Pas le temps pour écrire un post, j'ai des bonshommes et des batailles de boules de neige à faire avant que tout ait fondu.

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  • Chaque jour réserve ses surprises...

    Hier j'ai erré dans un centre commercial en attendant que le mécanicien change mes plaquettes de freins (ma voiture a toujours une petite réparation en cours vous commencez à le savoir), les soldes étant déjà faîtes, je suis donc entrée dans le supermarché pour acheter quelques bricoles, et là bip,bip, le portique se met à sonner...

    Le vigile s'approche de moi et me demande de repasser avec, puis sans mon sac. C'est visiblement le sac qui déclenche le portique. Il me demande de l'ouvrir, ne repère rien d'anormal à priori (mon sac est petit mais plein de poches), il me demande de le suivre dans le local de la sécurité pour trouver ce qui provoque cela à l'aide d'une raquette.

    Nous passons devant toutes les caisses de ce très grand supermarché. Escortée par le vigile je me sens observée par les files de clients aux caisses et surtout très honteuse.

    Arrivée là-bas, mon sac est épluché. Je me sens obligée de justifier tous les objets incongrus qui s'y trouvent (et il y en a de très surprenants). L'objet du délit est finalement trouvé : il s'agit d'une boîte de confettis argentés en forme de sapin que j'avais confisquée à une gamine de ma classe (les jouets quels qu'ils soient sont interdits par le réglement intérieur de l'école) et que j'avais oublié de rendre. Le vigile me dit qu'elle a été volée, je lui explique comment elle est arrivée dans mon sac. Il me croit et me laisse partir.

    Faut-il que je signale la petite comme délinquante? J'espère que Nicolas sera indulgent!

     


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  • Petite anecdote du jour.

    Juste avant l'heure des papas et des mamans, il me restait un peu de temps, j'ai donc décidé d'initier mes chères têtes blondes âgées de 3 ans au cultissime jeu "jacadi" , jeu connu sous le nom de "Simon says" par nos amis anglophones.

    Je leur explique donc la rêgle (ce qui est génial c'est que tout est nouveau pour eux) et nous commençons. J'incarne donc Jacadi et je donne tout un tas de consignes farfelues qui plaisent beaucoup aux enfants. Je finis en leur disant "Jacadi a dit mettez vos manteaux", ils comprennent que c'est l'heure de partir, un petit me répond avec l'oeil pétillant et un grand sourire craquant "Jacadi a dit des bonbons!" (Oui je donne parfois un petit bonbon)

    Je crois que ce jeu a été parfaitement assimilé... Le sens de l'humour est acquis également.

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